Mesurer la fréquentation de son site sans se noyer dans les chiffres
Beaucoup de gérants installent un outil de statistiques le jour de la mise en ligne, l'ouvrent une fois, se perdent dans les graphiques et n'y reviennent plus. Les statistiques d'un site internet servent pourtant à répondre à une question simple : le site vous amène-t-il des clients ? Cinq chiffres bien choisis suffisent à le savoir.
Les cinq chiffres qui comptent
Pour une petite entreprise, le tableau de bord tient en cinq lignes :
- les visites : le nombre de passages sur le site, à comparer d'un mois sur l'autre et avec la même période de l'année précédente ;
- les sources : la provenance de ces visites, qu'il s'agisse des résultats de Google, de votre fiche Google, des réseaux sociaux ou des accès directs ;
- les pages les plus consultées, qui montrent ce que vos visiteurs viennent chercher ;
- les clics sur vos coordonnées : numéro de téléphone, adresse e-mail, bouton d'itinéraire ;
- les demandes abouties : formulaires envoyés, réservations, commandes ou rendez-vous pris.
Le reste, comme le détail des navigateurs utilisés, intéresse surtout la personne qui entretient votre site. Les deux derniers chiffres sont les plus parlants : un site peu visité qui génère des appels réguliers fait bien son travail. De même, un visiteur qui trouve votre numéro dès la page d'accueil et vous appelle aussitôt ne consulte qu'une page, et sa visite est pourtant une réussite.
Les outils, du plus complet au plus simple
Google Analytics
Gratuit et très complet, Google Analytics mesure en détail le comportement des visiteurs, à condition d'être bien configuré. Son interface déroute souvent les débutants. Dans sa configuration habituelle, il dépose des cookies soumis au consentement des visiteurs, et vos chiffres ne reflètent alors qu'une partie des visites.
Les alternatives plus sobres
Des outils comme Matomo ou Plausible sont conçus pour collecter moins de données, et plusieurs affichent l'essentiel sur un seul écran. Une fois correctement configurés, certains outils de mesure peuvent être dispensés de consentement : la CNIL publie sur son site les conditions à respecter et des exemples de solutions concernées.
La Search Console
Google Search Console renseigne sur ce qui se passe avant la visite : les recherches pour lesquelles votre site s'affiche, les clics obtenus et votre position moyenne. Ses données viennent de Google lui-même, sans traceur sur votre site. Les rapports de Google Search Console à surveiller font l'objet d'un guide à part.
Les statistiques de votre fiche Google
Dans Google Business Profile, la rubrique des performances indique combien de personnes ont vu votre fiche, vous ont appelé depuis celle-ci, ont demandé un itinéraire ou cliqué vers votre site. Ces actions ont lieu sur Google, sans passer par vos pages : un client qui appelle depuis la fiche n'apparaît jamais dans les statistiques du site. Pour un commerce de quartier, ces chiffres comptent donc autant que les autres.
Le consentement, en quelques mots
La plupart des outils de mesure déposent des cookies ou des traceurs comparables. Ils ne peuvent le faire qu'avec l'accord du visiteur, sauf s'ils respectent les conditions d'exemption fixées par la CNIL : statistiques anonymes, réservées à votre site, sans croisement avec d'autres données. Quand le consentement est nécessaire, votre bandeau cookies doit permettre de refuser aussi facilement que d'accepter. Les règles sont détaillées sur cnil.fr et dans l'article sur le RGPD et les cookies.
Suivre les appels et les demandes
Un outil de statistiques ne repère pas toujours de lui-même les appels ou les formulaires envoyés. Il faut souvent lui indiquer quelles actions compter, ce que les outils appellent des événements ou des conversions :
- le clic sur votre numéro de téléphone depuis un mobile ;
- l'envoi d'un formulaire, souvent repéré grâce à la page de remerciement qui s'affiche ensuite ;
- la confirmation d'une réservation ou d'une commande ;
- le clic sur le bouton d'itinéraire.
Si vos réservations ou vos commandes passent par un module externe, demandez à son éditeur quelles statistiques il fournit : ces opérations se déroulent parfois sur son propre site, hors de votre outil de mesure.
Complétez ces chiffres par une question posée au téléphone ou au comptoir : « Comment avez-vous connu la boutique ? » Notez les réponses dans un carnet, semaine après semaine : elles confirment ou corrigent ce que disent les outils.
Un quart d'heure par mois
Sur un petit site, les variations d'une semaine à l'autre ont rarement un sens. Comparez des mois entiers, et reliez chaque évolution nette à un événement concret : une fermeture, une campagne, un article dans la presse locale.
- Comparez les visites du mois à celles du même mois l'an passé, pour neutraliser l'effet des saisons.
- Regardez d'où viennent les visites et repérez une source qui progresse ou qui recule.
- Notez les trois pages les plus consultées et vérifiez que leurs informations sont à jour.
- Relevez les appels, les formulaires et les réservations, sur le site comme sur la fiche Google.
- Choisissez une seule action pour le mois suivant, et notez-la.
Pour démarrer ce mois-ci
- Vérifiez quel outil de mesure est installé sur votre site et qui y a accès.
- Faites configurer le suivi des appels et des formulaires s'il manque.
- Réservez un quart d'heure dans votre agenda le premier jour ouvré de chaque mois.
Pour relier ces chiffres à votre chiffre d'affaires, appuyez-vous sur la méthode de calcul de la rentabilité d'un site internet. Et si vous préparez un nouveau site, prévoyez ce suivi dès le départ, puis estimez votre projet avec le configurateur de devis.