Création & budget

Aides pour financer son site internet : ce qui existe vraiment

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Existe-t-il encore une aide à la création de site internet pour les petites entreprises ? Le chèque numérique national lancé en 2021 est fermé, et les dispositifs actuels sont surtout régionaux ou locaux, avec des règles qui changent souvent. Voici où chercher, ce qu'il faut vérifier et comment repérer les démarcheurs qui se servent de ces aides comme argument.

Le chèque numérique de 2021, un dispositif terminé

Pendant la crise sanitaire, l'État a mis en place un chèque numérique pour les petites entreprises touchées par les fermetures administratives. Il les aidait à financer des solutions numériques, comme un site ou un outil de vente en ligne. Ce dispositif ponctuel est clos depuis longtemps.

Des pages anciennes en parlent encore, ce qui entretient la confusion. Si quelqu'un vous propose un site « pris en charge par l'État », demandez le nom exact du dispositif et vérifiez-le auprès de l'organisme cité, avant toute signature. Une aide publique se demande directement à l'organisme qui la gère, en général sur son site officiel : elle ne s'obtient pas en signant le bon de commande d'un commercial.

Les aides actuelles : régionales, locales et changeantes

Le développement économique relève en grande partie des Régions, et certaines soutiennent la numérisation des petites entreprises. Des intercommunalités ou des communes aident aussi le commerce de proximité, parfois avec un volet numérique. Ces dispositifs ouvrent, ferment et changent de règles au fil des budgets : une aide repérée l'an dernier n'existe peut-être plus.

Chaque dispositif a son propre règlement. Avant de monter un dossier, vérifiez au moins ces points :

  • les bénéficiaires : secteur d'activité, taille, ancienneté et localisation de l'entreprise ;
  • les dépenses retenues : création de site, formation, logiciel, ou seulement certaines d'entre elles ;
  • le calendrier : beaucoup de dispositifs refusent les dépenses engagées avant le dépôt du dossier, d'où l'intérêt de ne rien signer trop tôt ;
  • le versement : une subvention est souvent payée après la dépense, sur présentation des factures, ce qui oblige à avancer la somme ;
  • le prestataire : certains dispositifs exigent plusieurs devis ou un professionnel référencé.

Une subvention ne couvre en général qu'une partie de la dépense, selon les règles du dispositif. Calculez donc ce qui restera à votre charge avant de choisir un projet plus ambitieux au seul motif qu'il est aidé.

Vérifiez la date limite de dépôt et l'enveloppe disponible avant de constituer votre dossier. Certains dispositifs ferment dès que leur budget est épuisé, parfois avant la date annoncée.

Où chercher sans perdre de temps

France Num

France Num est le portail de l'État consacré à la transformation numérique des TPE et PME. Il publie des guides pratiques et recense des conseillers proches de chez vous, les activateurs France Num, qui accompagnent les entreprises dans leurs projets. C'est un bon point de départ pour clarifier votre besoin avant de parler financement.

La CCI ou la CMA

Votre chambre consulaire connaît les dispositifs ouverts sur votre territoire : la chambre de commerce et d'industrie pour les commerçants, la chambre de métiers et de l'artisanat pour les artisans. Selon les régions, elle propose aussi des ateliers ou des diagnostics numériques. Un appel suffit souvent à savoir s'il existe quelque chose pour vous.

La Région et l'intercommunalité

Le site de votre Région présente ses aides aux entreprises, en général dans une rubrique dédiée. Le service de développement économique de votre intercommunalité ou de votre mairie peut aussi vous orienter, notamment si votre commerce se trouve dans un centre-ville qui bénéficie d'un programme de revitalisation.

Bpifrance et les réseaux d'accompagnement

Bpifrance finance surtout des projets d'entreprise par des prêts et des garanties, rarement un site seul. Si vous créez votre activité, son site consacré à la création et les réseaux de prêts d'honneur, comme Initiative France, peuvent vous aider à boucler un budget de lancement qui inclut le site.

Les réseaux professionnels

Les associations de commerçants, les unions commerciales et les fédérations de votre métier relaient parfois les dispositifs locaux, ou organisent des accompagnements pour leurs adhérents. Si vous en faites partie, posez-leur la question : elles connaissent peut-être des démarches qui ont abouti pour d'autres membres.

Un site reste une dépense de l'entreprise

Sans aide, le site est une dépense professionnelle comme une autre. Si votre entreprise récupère la TVA, seul le prix hors taxes pèse réellement ; en franchise en base de TVA, c'est le prix toutes taxes comprises. En micro-entreprise, les dépenses réelles ne se déduisent pas du résultat, puisqu'un abattement forfaitaire s'applique au chiffre d'affaires. Votre expert-comptable, ou à défaut le service des impôts des entreprises, vous dira comment traiter la dépense dans votre cas.

La formation peut aussi être financée : selon votre activité, le fonds d'assurance formation dont vous dépendez ou votre compte personnel de formation peuvent prendre en charge des formations au numérique, sous conditions. Savoir mettre à jour vous-même votre site ou votre fiche Google vous servira pendant des années. Pour juger la dépense, faites enfin le calcul de la rentabilité de votre site internet : quelques clients suffisent parfois à le rembourser.

Les démarches dans l'ordre

  1. Décrivez votre projet, si possible avec un cahier des charges simple, et faites établir un devis détaillé, par exemple avec le configurateur de devis : les dossiers en demandent souvent un.
  2. Appelez votre CCI ou votre CMA et consultez le site de votre Région pour connaître les dispositifs ouverts aujourd'hui.
  3. Si une aide existe, lisez son règlement avant de signer quoi que ce soit avec un prestataire.
  4. Sans aide disponible, comparez les devis en vous appuyant sur l'article consacré au prix d'un site internet, et commencez simple : un premier site peut s'enrichir plus tard.