Cahier des charges d'un site internet : un modèle simple
« Je voudrais un site simple pour mon activité » : envoyée à trois prestataires, cette phrase produit trois devis impossibles à comparer, l'un pour une page, l'autre pour cinq, le troisième pour une boutique en ligne. Un cahier des charges de site internet évite ce flou. Pour une petite entreprise, il tient en deux pages, sans vocabulaire technique.
À quoi sert un cahier des charges
Ce document décrit votre projet : ce que le site doit faire, pour qui, avec quels contenus, dans quel budget et pour quelle date. Il donne à chaque prestataire la même base, ce qui rend les devis comparables. Il vous oblige aussi à trancher des questions que vous auriez sinon découvertes en cours de route. Après la signature, il reste une référence commune en cas de désaccord sur ce qui était prévu.
Inutile de parler technique : décrivez vos besoins avec vos mots, le prestataire saura les traduire en solutions. Un document court et précis sera lu en entier, ce qui n'est pas toujours le cas d'un dossier de vingt pages.
Les rubriques essentielles
Vos objectifs
Formulez-les en résultats concrets : recevoir des réservations en ligne, obtenir des demandes de devis pour des chantiers, vendre des coffrets cadeaux, réduire les appels de clients qui demandent vos horaires. Classez-les par ordre d'importance, car ils guident tous les autres choix.
Vos clients
Qui sont-ils, où habitent-ils, que cherchent-ils en arrivant sur votre site ? Un traiteur qui travaille pour les entreprises ne s'adresse pas à son public comme une crêperie de bord de mer qui accueille des touristes. Précisez s'ils vous consultent surtout depuis un téléphone et s'ils parlent d'autres langues.
Les pages et les fonctions
Listez les pages envisagées, par exemple accueil, carte, privatisation et contact, puis les fonctions utiles : réservation, prise de rendez-vous, commande à emporter, formulaire de devis, version anglaise. Séparez l'indispensable au lancement de ce qui peut attendre. Citez aussi les outils que vous utilisez déjà, comme un logiciel de réservation ou de caisse, pour que le prestataire vérifie qu'ils peuvent être reliés au site. Pour choisir le format, le comparatif entre site one page et site multi-pages vous aidera.
Les contenus disponibles
Indiquez ce que vous avez déjà, ce qui manque et qui le produira : textes, photos, logo, carte ou grille de tarifs. Ce point pèse lourd sur le prix comme sur le délai. Les conseils pour préparer ses textes et ses photos vous aideront à faire l'inventaire.
Les sites qui vous plaisent
Donnez deux ou trois adresses de sites que vous aimez, dans votre métier ou ailleurs, en expliquant pourquoi : la clarté du menu, les grandes photos, le bouton de réservation toujours visible. Un site qui vous déplaît, avec la raison, renseigne tout autant. Regardez aussi les sites de quelques concurrents, pour noter ce qu'ils font bien et ce qui leur manque.
Budget, délai et décision
Annoncez une fourchette de budget, même large, pour que le prestataire propose une solution réaliste au lieu de deviner. À titre de repère, un site one-page coûte chez nous 600 € HT, un site de cinq pages 950 € HT et une boutique en ligne 1 500 € HT. Donnez la date qui compte vraiment, comme une ouverture ou le début de la saison, et désignez la personne qui valide chaque étape.
Le modèle à recopier
Copiez ce plan dans un document et répondez à chaque point en quelques lignes :
- L'entreprise : activité, adresse, ancienneté, ce qui vous distingue.
- Les objectifs : trois résultats attendus, du plus important au moins important.
- Les clients : profil, zone géographique, langues, usage du mobile.
- Les pages : liste, avec le contenu de chacune en une phrase.
- Les fonctions : indispensables au lancement, puis souhaitables plus tard.
- Les contenus : disponibles, à créer, et par qui.
- Les références : sites appréciés et sites à ne pas imiter, avec la raison.
- L'existant : nom de domaine, site actuel, fiche Google, réseaux sociaux, et qui en détient les accès.
- Le cadre : fourchette de budget, date de mise en ligne souhaitée, interlocuteur et personne qui valide.
- L'après-lancement : qui mettra à jour les horaires, la carte ou les prix, et à quel rythme.
Joignez au document quelques photos de votre établissement et votre logo s'il existe. Le prestataire se fera une idée de votre univers avant même le premier appel.
Relisez votre cahier des charges en vous mettant à la place d'un prestataire qui ne vous connaît pas. Chaque phrase qui appelle la question « c'est-à-dire ? » mérite un exemple concret.
Les erreurs qui faussent les devis
- Recopier un modèle trouvé en ligne, rempli de termes techniques que vous ne maîtrisez pas.
- Tout demander « au cas où » : chaque fonction ajoutée a un coût, demande de l'entretien et alourdit le site.
- Taire son budget, ce qui conduit à des propositions trop modestes ou hors de portée.
- Commencer par les couleurs et les polices, avant d'avoir fixé les pages et les fonctions.
- Oublier l'après-lancement : mises à jour, hébergement, maintenance.
- Imposer une date sans marge, alors que la livraison des contenus dépend souvent de vous.
Vos prochaines étapes
- Remplissez le modèle en une heure, sans chercher la perfection.
- Envoyez le même document à deux ou trois prestataires, avec les mêmes questions, en vous aidant de l'article pour choisir son agence web.
- Pour une première estimation, utilisez le configurateur de devis, qui suit la même logique : activité, type de site, fonctionnalités, contenus.