Faut-il une version anglaise du site de son restaurant ?
Un soir d'été, un couple de visiteurs cherche une table près de son hôtel et tape « restaurant near me » sur son téléphone. S'il tombe sur une carte et des horaires uniquement en français, il hésite, puis choisit souvent l'adresse voisine dont le menu est lisible. Selon votre emplacement, la bonne réponse va du site restaurant anglais complet à quelques pages bien traduites.
Quand une version anglaise vaut l'effort
La traduction a un coût, en argent comme en temps de mise à jour. Elle se justifie surtout dans deux types de quartiers.
Les zones touristiques et les villes de passage
Centre historique, bord de mer, station de ski, abords d'un musée ou d'un château : les visiteurs étrangers y choisissent leur restaurant depuis leur téléphone, souvent la veille ou une heure avant. Ils comparent quelques adresses sur Google Maps, puis ouvrent les sites pour lire la carte. Une carte en anglais leur évite de deviner ce que cache une « blanquette » ou un « parmentier ».
Les quartiers d'affaires, les gares et les aéroports
Près d'un centre de congrès, d'une gare internationale ou d'un quartier de bureaux, une partie de vos clients travaille en anglais. Ils réservent pour une équipe ou un dîner d'affaires, et apprécient de trouver vos formules dans leur langue.
Quand ce n'est pas prioritaire
Si votre clientèle vient surtout du quartier, la version anglaise peut attendre. Quelques signes vous aident à trancher :
- des avis Google rédigés en anglais ;
- des appels ou des messages de clients qui ne parlent pas français ;
- des réservations transmises par des hôtels ou des conciergeries ;
- des clients qui lisent votre carte à travers la traduction de leur téléphone.
Sans aucun de ces signes, investissez d'abord dans votre fiche Google et votre référencement local. Ces efforts profitent à toute votre clientèle.
Ce qu'il faut traduire en premier
Inutile de traduire l'histoire de la maison dès le départ. Un visiteur étranger veut savoir ce qu'il va manger, quand vous êtes ouvert, comment réserver et comment venir.
- La carte. Gardez le nom français du plat et ajoutez une courte description en anglais : ingrédients principaux, cuisson, accompagnement. Signalez les plats végétariens et les principaux allergènes.
- Les horaires. Jours de fermeture, horaires de service, heure de la dernière commande en cuisine, congés annuels : le rythme des repas en France surprend souvent les visiteurs.
- La réservation. Le bouton, le formulaire et le message de confirmation doivent exister en anglais. Un client qui ne comprend pas sa confirmation rappelle, ou ne vient pas.
- L'accès. Adresse, transports en commun, stationnement, accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, moyens de paiement acceptés.
Si votre carte n'existe qu'en PDF, profitez-en pour en faire une vraie page web, plus simple à traduire et à lire sur mobile. L'article Menu en ligne : PDF ou vraie page web ? détaille ce choix.
Traduction humaine ou traduction automatique ?
Les outils comme DeepL ou Google Traduction fournissent un premier jet correct pour des phrases simples. Ils trébuchent sur ce qui fait la personnalité d'un restaurant : noms de plats, jeux de mots, spécialités régionales. Traduit mot à mot, un « pavé de saumon » devient un pavé de rue.
Personne n'attend de vous un anglais littéraire. La méthode la plus raisonnable combine l'outil et la relecture :
- produisez une première version avec un outil automatique ;
- faites relire la carte et les pages clés par une personne qui parle couramment anglais : traducteur, membre de l'équipe ou habitué anglophone ;
- tenez un petit lexique de vos plats, pour que les mises à jour suivantes restent cohérentes.
Évitez les modules qui traduisent la page à la volée dans le navigateur du visiteur. Le texte obtenu n'est relu par personne, et ces traductions restent souvent invisibles pour les moteurs de recherche.
Comment Google distingue le français de l'anglais
Pour un moteur de recherche, une version anglaise est un ensemble de pages distinctes. Trois éléments techniques l'aident à montrer la bonne langue à la bonne personne.
- Une adresse par langue. Les pages anglaises vivent à une adresse à part, par exemple votresite.fr/en/menu, que Google explore et affiche séparément.
- Un texte réellement traduit. Google détermine la langue d'une page en lisant son contenu : titre, carte et boutons doivent être en anglais.
- Les balises hreflang. Ces indications placées dans le code relient les versions entre elles : « cette page existe en français ici et en anglais là ». Une personne qui cherche en anglais voit alors plutôt la page anglaise.
Côté visiteurs, placez un sélecteur de langue visible avec les mentions « FR » et « EN », plutôt que des drapeaux qui désignent des pays. Évitez aussi de rediriger automatiquement les visiteurs selon leur localisation. Traduisez enfin le titre et la description de chaque page, qui s'affichent dans les résultats de recherche.
Faire vivre la version anglaise
Une version anglaise périmée fait plus de tort que pas de version du tout. Un touriste qui trouve porte close parce que la page anglaise ignore votre nouveau jour de fermeture ne reviendra pas, et il risque de le raconter dans un avis.
Modifiez donc les deux langues le même jour, en comparant les pages côte à côte à chaque changement de carte, de prix ou d'horaires. Si vous utilisez un module de réservation externe, vérifiez qu'il existe en anglais : ce point est abordé dans l'article sur la réservation en ligne au restaurant.
Côté budget, la version anglaise peut s'ajouter à un site existant comme à un site en création. Notre agence la propose en option pour 200 € HT : le détail figure sur la page des tarifs.
Par où commencer
- Relevez les signes d'une clientèle anglophone : avis en anglais, appels, demandes des hôtels voisins.
- Traduisez la carte, les horaires, la réservation et l'accès, puis faites relire le tout par une personne bilingue.
- Publiez ces pages à une adresse dédiée, par exemple /en/, avec un sélecteur de langue et des balises hreflang.
- Ajoutez la version anglaise à votre routine de changement de carte.