Allergènes au restaurant : les afficher sur la carte et le site
« Est-ce qu'il y a des fruits à coque dans le dessert du jour ? » La question arrive au téléphone, en salle, et parfois avant même la réservation, quand un client allergique consulte votre carte en ligne. Indiquer clairement les allergènes de votre restaurant, sur place comme sur le site, rassure ces clients et protège votre établissement, à une condition : que l'information soit exacte partout.
Ce que la réglementation demande
En France, les règles découlent du règlement européen dit « INCO » et d'un décret de 2015 consacré aux denrées non préemballées, dont font partie les plats servis au restaurant. Quatorze substances doivent être signalées dès qu'elles entrent dans la composition d'un plat, y compris à l'intérieur d'un ingrédient comme une sauce, un fond ou une pâte :
- céréales contenant du gluten (blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut) ;
- crustacés ;
- œufs ;
- poissons ;
- arachides ;
- soja ;
- lait ;
- fruits à coque (amandes, noisettes, noix, noix de cajou, de pécan, du Brésil, de macadamia, pistaches) ;
- céleri ;
- moutarde ;
- graines de sésame ;
- anhydride sulfureux et sulfites, au-delà de 10 mg par kilo ou par litre ;
- lupin ;
- mollusques.
Pour chaque plat servi, cette information doit être disponible par écrit, de façon lisible, et le client doit pouvoir la consulter facilement avant de commander : sur la carte, sur une ardoise ou dans un document tenu à disposition en salle. Votre équipe doit savoir où la trouver. Pour le détail des modalités, reportez-vous aux pages consacrées aux allergènes sur economie.gouv.fr et sur le site de la DGCCRF.
Ce que votre site apporte en plus
Le site complète l'information écrite en salle, qui reste obligatoire. Une personne allergique, des parents d'enfant allergique ou l'organisateur d'un repas de groupe préparent leur venue à l'avance. S'ils trouvent les allergènes de chaque plat en ligne, ils peuvent choisir votre adresse en connaissance de cause et arrivent rassurés.
Vous y gagnez aussi des appels en moins pendant le service. Si vous vendez à emporter ou en livraison depuis votre site, l'information doit être visible avant la validation de la commande, car la vente à distance a ses propres règles, détaillées sur economie.gouv.fr. Le sujet est abordé dans l'article sur le click & collect au restaurant.
Présenter les allergènes clairement
Sous chaque plat, en toutes lettres
Placez les allergènes juste sous la description du plat, par exemple « Contient : lait, œufs, gluten (blé) ». Le client lit l'information au moment où il choisit, sans ouvrir un autre document. Pour les plats qui changent chaque jour, indiquez où trouver l'information, par exemple « Allergènes des suggestions du jour : voir l'ardoise ou demander à l'équipe ».
Une légende compréhensible
Les pictogrammes ou les numéros de 1 à 14 allègent la carte, mais tout le monde ne les comprend pas. Doublez-les toujours d'une légende en mots, sur la même page, plutôt que dans un document séparé.
Du texte plutôt qu'une image
Une carte scannée se lit mal sur téléphone, échappe aux lecteurs d'écran et se met difficilement à jour. Une vraie page web règle ces trois problèmes, comme l'explique l'article Menu en ligne : PDF ou vraie page web ? Si vos clients consultent la carte en salle par menu QR code, ils doivent y trouver exactement les mêmes informations. Notre agence réalise ce type de carte en ligne avec QR code en option, pour 100 € HT : voir les tarifs.
Une seule source de vérité
Le vrai risque tient aux écarts entre la cuisine, la carte papier et le site. Une recette évolue, un fournisseur change, une nouvelle sauce contient de la moutarde, et la page en ligne affiche encore l'ancienne version. Pour l'éviter, organisez la mise à jour autour d'un seul document :
- une fiche allergènes par recette, tenue par la cuisine ;
- une mise à jour de cette fiche le jour même de tout changement de recette ou de fournisseur ;
- la carte, le document de salle et le site corrigés ensemble, à partir de cette fiche ;
- une date de dernière mise à jour affichée sur la page en ligne.
Confiez cette routine à une personne précise. Quand tout le monde est responsable, la page web est souvent la dernière à suivre.
Les erreurs à éviter
- Oublier les boissons et les desserts. Les sulfites du vin, le lait d'un café gourmand ou les fruits à coque d'une pâtisserie comptent autant que ceux du plat principal.
- Écrire « peut contenir des traces » partout. Une mention ajoutée à tous les plats par précaution n'aide plus personne. Signalez plutôt les risques réels, comme une friteuse partagée.
- Afficher « sans gluten » à la légère. Ce type de mention obéit à des règles précises : vérifiez-les avant de l'utiliser.
- Laisser traîner une ancienne carte. Un vieux PDF encore accessible sur le site ou sur Google suffit à semer le doute.
Ajoutez un champ « Allergies ou régime particulier » à votre formulaire de réservation. La cuisine est prévenue avant l'arrivée du client et peut préparer une alternative sans improviser en plein service.
En résumé
- Faites le point avec la cuisine, recette par recette, et créez une fiche allergènes par plat.
- Vérifiez que l'information écrite est accessible en salle et que l'équipe sait la présenter.
- Affichez les allergènes sous chaque plat de votre carte en ligne, avec une légende en toutes lettres.
- Fixez une règle simple : un changement de recette ou de fournisseur met à jour la salle et le site le même jour.