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Plateforme freelance : complément utile ou dépendance ?

5 min de lecture

Votre profil sur une plateforme vous a apporté vos premières missions, et les demandes continuent d'y arriver. Le jour où les frais augmentent, où le classement change ou où votre compte est suspendu, c'est pourtant tout votre chiffre d'affaires qui peut en souffrir. Une plateforme freelance reste un bon complément si vous savez précisément ce qu'elle vous apporte et ce qu'elle vous coûte.

Ce que les plateformes apportent

Les plateformes de mise en relation prennent plusieurs formes : Malt rapproche des freelances et des entreprises, Superprof des professeurs particuliers et des élèves, d'autres sites relient artisans et particuliers pour des travaux. Leur fonctionnement varie, mais leurs atouts se ressemblent :

  • un public qui cherche déjà votre type de prestation ;
  • la confiance qu'inspire une marque connue, avec ses avis et parfois des profils vérifiés ;
  • des outils prêts à l'emploi, selon les cas : messagerie, devis, contrat, paiement ;
  • un terrain d'essai pour tester un tarif ou une nouvelle offre.

Au démarrage, ces avantages pèsent lourd. Le plan des premières semaines, décrit dans l'article sur les premiers clients en ligne, peut inclure une plateforme, à côté de votre fiche Google et de votre réseau.

Ce qu'elles demandent en échange

Des frais sous plusieurs formes

Selon la plateforme, vous payez une commission sur chaque mission, un abonnement, l'accès aux demandes de clients ou des options pour être mieux affiché. Ces modèles évoluent : lisez les conditions en vigueur, puis calculez ce qui vous reste réellement sur une mission type.

Un classement et des conditions qui vous échappent

C'est la plateforme qui ordonne les profils, souvent selon votre délai de réponse et vos avis. Elle arbitre les litiges, peut modifier ses conditions et suspendre un compte. Certaines plateformes de travaux transmettent la même demande à plusieurs professionnels : renseignez-vous sur leur nombre avant de payer pour y accéder, puis estimez d'après vos propres résultats combien de contacts il vous faut pour signer un chantier.

Une relation client encadrée

Beaucoup de conditions d'utilisation limitent la possibilité de poursuivre en direct une relation née sur la plateforme, parfois pendant une durée définie ou moyennant des frais. Lisez cette clause avant d'accepter votre première mission, car elle conditionne tout ce que vous pourrez faire ensuite.

Des avis qui restent sur place

Les avis recueillis sur une plateforme y restent affichés : si vous la quittez, ils ne vous suivent pas. Pour les clients rencontrés en dehors, sollicitez plutôt des avis sur votre fiche Google, qui resteront attachés à votre nom quoi qu'il arrive.

Un profil qui se distingue

Sur une plateforme, votre profil s'affiche à côté de ceux de vos concurrents. Au moment où le client compare, quelques éléments comptent beaucoup :

  • un titre qui annonce votre spécialité, par exemple « Traductrice juridique anglais-français » ;
  • une photo nette et récente ;
  • une description écrite avec les mots de vos clients : leur problème, votre méthode, le résultat ;
  • des réalisations ou des exemples, publiés avec l'accord des clients ;
  • des tarifs cohérents avec ceux de votre site ;
  • un délai de réponse court, que vous pouvez tenir.

Gardez le même positionnement et le même nom que sur votre site et votre fiche Google. Un client qui vous cherche ensuite sur Google doit vous reconnaître immédiatement.

Faire revenir vos clients en direct, dans les règles

Un client satisfait qui revient pour une deuxième mission préférerait parfois traiter directement avec vous. Avant de le proposer, relisez les conditions : ce qui est permis, après quel délai, à quel prix. Ne glissez jamais votre téléphone ou votre e-mail dans la messagerie de la plateforme si les règles l'interdisent, sous peine de voir votre compte suspendu.

Les clients venus d'ailleurs, eux, sont à vous dès le départ : votre site, votre fiche Google, votre réseau, un salon. Développez ces canaux en parallèle et, quand les conditions le permettent, proposez aux clients réguliers un contrat direct.

Notez dans un tableau l'origine de chaque client et le chiffre d'affaires qu'il représente. Chaque trimestre, vous verrez quelle part de votre activité dépend d'un seul acteur, et s'il est temps de rééquilibrer.

Votre site, le point fixe

Une plateforme devient un risque quand elle cesse d'être un canal parmi d'autres. Quelques signaux doivent vous alerter :

  • l'essentiel de votre chiffre d'affaires vient d'elle ;
  • vous baissez vos prix pour garder votre place dans le classement ;
  • votre site et votre fiche Google n'ont pas bougé depuis des mois ;
  • une suspension de compte vous laisserait demain sans aucune demande.

Sur votre site, vous choisissez la présentation, les tarifs et les exemples, et aucune plateforme ne peut le suspendre. Un prospect qui cherche votre nom sur Google doit tomber d'abord sur ce site, avec vos coordonnées et vos avis. Les créateurs qui vendent sur Etsy ou Amazon font face au même dilemme, détaillé dans l'article sur les marketplaces face au site propre.

Un site simple suffit pour commencer : chez nous, un site d'une page coûte 600 € HT et se réalise en deux semaines environ, comme le précise la page des tarifs. Si vous êtes traducteur ou rédacteur, l'article sur le site d'un traducteur ou rédacteur freelance détaille les pages utiles.

Pour garder la main

  1. Calculez ce qui vous reste sur une mission type, pour chaque plateforme utilisée.
  2. Relisez les clauses sur le contact direct avec les clients et sur les avis.
  3. Notez l'origine de chaque nouveau client et suivez la part de chaque canal.
  4. Mettez à jour votre site et votre fiche Google pour que les clients directs vous trouvent.