Indépendants

Traducteur ou rédacteur freelance : un site pour les entreprises

6 min de lecture

Mardi, 16 heures : la responsable marketing d'une PME doit faire traduire une brochure technique en allemand avant vendredi. Elle ouvre trois sites et referme ceux qui ne disent ni quelles langues sont traitées, ni comment le travail est facturé. Un site de traducteur freelance ou de rédacteur s'adresse à ces acheteurs pressés, qui veulent vérifier en quelques minutes qu'ils ont trouvé la bonne personne.

Langues, spécialités, documents : le tri du premier écran

Pour un traducteur, la combinaison de langues sert de premier filtre. Précisez aussi le sens de traduction : traduire de l'anglais vers le français et du français vers l'anglais sont deux prestations distinctes, et beaucoup de traducteurs travaillent uniquement vers leur langue maternelle. Une phrase en haut de la page d'accueil suffit, par exemple « Traduction de l'anglais et de l'allemand vers le français, spécialisée dans la documentation technique ».

Le rédacteur fait de même avec ses secteurs : immobilier, tourisme, logiciels, banque. Une spécialité assumée rassure l'acheteur, qui cherche quelqu'un de familier avec son vocabulaire.

Les documents que vous traitez

Nommez ensuite les documents eux-mêmes, avec les mots de vos clients :

  • contrats, conditions générales, statuts ;
  • notices, fiches techniques et documentation de logiciels ;
  • pages de site, fiches produits et newsletters ;
  • rapports annuels, présentations et communiqués de presse ;
  • pour la rédaction : articles de blog, cas clients et livres blancs, ces guides détaillés qu'une entreprise publie pour montrer son savoir-faire.

Si deux spécialités attirent des publics très différents, comme des juristes et des responsables e-commerce, consacrez une page à chacune.

Votre logique de prix, même sans grille complète

Un acheteur professionnel compare plusieurs devis et doit souvent justifier son choix en interne. Il comprend mieux le vôtre s'il connaît votre unité de facturation :

  • au mot, en précisant si vous comptez les mots du texte de départ ou ceux du texte livré ;
  • à la page, pour certains documents courts et standardisés, comme les actes officiels ;
  • à l'heure, pour la relecture, la mise en page ou la post-édition, c'est-à-dire la révision d'un texte d'abord traduit par une machine ;
  • au forfait, pour un projet bien délimité : un site complet, une série d'articles, un livret d'accueil.

Indiquez ensuite ce qui fait varier le montant : technicité du texte, délai serré, travail le week-end, fichiers à remettre en forme, minimum de facturation pour les textes très courts. Un tarif « à partir de », complété par ces critères, écarte les demandes hors budget ; les présentations possibles sont comparées dans l'article consacré à la question d'afficher ses tarifs. Comme vos clients sont des entreprises, présentez des prix hors taxes.

La confidentialité, une question qui viendra

Un contrat en cours de négociation, un produit pas encore lancé, des résultats financiers avant leur publication : vos clients vous confient des documents qui ne doivent pas circuler. Répondez à leurs craintes dans un paragraphe bien visible de vos pages de services.

  • Dites que vous acceptez de signer un accord de confidentialité avant de recevoir les fichiers.
  • Expliquez comment les documents vous parviennent, par exemple un espace de partage protégé ou un lien de transfert qui expire. Une pièce jointe, elle, reste des années dans les boîtes de réception.
  • Indiquez combien de temps vous conservez les fichiers après la livraison, et comment vous les supprimez.
  • Précisez si vous utilisez des outils de traduction automatique ou d'intelligence artificielle, et dans quelles conditions. Un document confidentiel n'a pas sa place dans un outil en ligne dont les conditions d'utilisation autorisent la réutilisation des textes.

Les services achats y sont attentifs ; ils demandent aussi parfois des documents administratifs avant de référencer un nouveau fournisseur : gardez-les prêts.

Des extraits publiés avec l'accord des clients

Avant de confier un premier projet, l'acheteur veut juger votre style. Or la plupart de vos textes appartiennent à vos clients, et beaucoup restent confidentiels. Publiez un extrait uniquement avec l'autorisation écrite du client concerné, accompagné de son contexte : type de document, public visé, contraintes.

Quand rien ne peut être montré

D'autres solutions existent :

  • un extrait anonymisé, sans marque ni détail reconnaissable, validé par le client ;
  • un échantillon réalisé pour l'occasion, à partir d'un texte libre de droits ou écrit par vous ;
  • la liste de vos types de clients, comme « éditeurs de logiciels » ou « cabinets d'avocats », sans les nommer ;
  • pour un rédacteur, les articles publiés sur son propre blog.

Les consultants rencontrent la même difficulté : l'article sur le site d'un consultant indépendant montre comment présenter une mission sans nommer le client.

Délais, traduction certifiée et demande de devis

Des délais que vous pouvez tenir

Annoncez vos délais habituels selon le volume, votre façon de traiter les urgences et vos périodes d'absence. Pour la rédaction, précisez le nombre d'allers-retours de corrections compris dans le prix. Votre client cale parfois un lancement sur votre livraison : un délai tenu le rassure davantage qu'une promesse de rapidité.

La traduction certifiée

Certaines démarches administratives exigent une traduction réalisée par un traducteur expert inscrit auprès d'une cour d'appel, souvent appelé traducteur assermenté. Si vous avez ce statut, indiquez-le avec la cour concernée. Sinon, écrivez que vous ne proposez pas ce service : vous éviterez des demandes que vous devriez refuser.

Un formulaire qui prépare le chiffrage

Demandez la combinaison de langues, le type de document, le volume ou le fichier lui-même, la date de livraison souhaitée et l'usage prévu : publication, usage interne ou démarche officielle. Chez nous, ce formulaire de devis s'ajoute pour 80 € HT à un site de cinq pages à 950 € HT, comme le détaille la page des tarifs. Si vos premières missions viennent d'une plateforme, le site prend le relais pour vos clients directs, comme l'explique l'article sur les plateformes de mise en relation.

Par où commencer

  1. Rédigez votre phrase d'accroche : langues et sens de traduction, ou secteurs de rédaction, puis spécialités et type de clients.
  2. Décrivez votre logique de prix : unité de facturation, critères qui font varier le montant, minimum éventuel.
  3. Écrivez votre paragraphe de confidentialité en quatre points : accord signé, transfert des fichiers, durée de conservation, outils utilisés.
  4. Demandez à deux clients l'autorisation de publier un extrait, avec leur nom ou de façon anonyme.