Indépendants

Newsletter d'un freelance : rester en tête sans vendre à chaque envoi

5 min de lecture

« Je ne savais pas que vous faisiez aussi ce type de mission. » Quand un ancien client vous dit cela, le projet est souvent déjà parti chez quelqu'un d'autre. Une newsletter de freelance, envoyée à intervalles réguliers à vos clients et à vos contacts, vous garde en mémoire sans transformer chaque message en publicité.

Ce que vous pouvez raconter

Chaque envoi doit apporter quelque chose au lecteur, même s'il n'a besoin de rien ce mois-ci. Quatre familles de sujets conviennent à la plupart des indépendants :

  • des conseils tirés de votre pratique : une erreur fréquente chez vos clients, une méthode, une règle qui change dans leur secteur ;
  • des exemples de missions, racontés avec l'accord du client ou de façon anonyme : le problème de départ, votre démarche, le résultat ;
  • une sélection commentée : un article, un outil ou un salon repéré pour vos clients, avec deux lignes sur son intérêt ;
  • vos disponibilités : une place qui se libère, un nouveau format de prestation, des congés à anticiper, que l'article sur les vacances et le carnet plein aide à annoncer.

Réservez l'essentiel du message au contenu utile, et seulement une ou deux lignes en fin de lettre à vos services. Écrivez à la première personne, comme dans un e-mail à un client : un ton personnel invite davantage à répondre qu'une plaquette commerciale.

Soignez aussi l'objet de l'e-mail, qui annonce le contenu en quelques mots. « Trois oublis fréquents dans un cahier des charges » donne une raison d'ouvrir ; « Newsletter numéro 12 » n'en donne aucune.

Un rythme que vous pouvez tenir

Pour un indépendant, un envoi par mois, voire un par saison, suffit le plus souvent. La régularité compte davantage que la fréquence : une lettre qui arrive à intervalles connus finit par être attendue. Annoncez ce rythme sur le formulaire d'inscription, pour que chacun sache ce qu'il recevra.

Un format fixe facilite l'écriture : les mêmes rubriques dans le même ordre, par exemple un conseil, un exemple de mission et une ligne sur vos disponibilités. Profitez aussi des périodes calmes pour écrire deux ou trois lettres d'avance, que vous programmerez pendant les mois chargés.

Une liste construite dans les règles

L'accord de vos abonnés

Les bases, à savoir le consentement des particuliers, le lien de désinscription dans chaque envoi et le refus des fichiers achetés, sont rappelées dans l'article sur la newsletter d'un commerce de proximité. Un indépendant qui écrit surtout à des professionnels doit aussi connaître la distinction que fait la CNIL dans ses fiches sur la prospection par e-mail :

  • pour les particuliers, l'accord préalable est en principe nécessaire, sauf pour vos clients, au sujet de services analogues à ceux qu'ils vous ont achetés, s'ils ont pu refuser ces envois au départ ;
  • pour les professionnels, l'accord préalable n'est pas exigé, à condition que la personne ait été informée de l'usage de son adresse, qu'elle ait pu s'y opposer et que le message concerne sa profession.

Dans tous les cas, ne versez pas dans votre liste toutes les adresses de votre messagerie. Proposez l'inscription, dites ce que la personne recevra et notez la date et l'origine de chaque inscription.

Un outil d'envoi simple

Un outil d'e-mailing gère les inscriptions, les désinscriptions et l'envoi programmé. Pour une lettre d'indépendant, vérifiez surtout qu'il propose un modèle sobre, proche d'un e-mail ordinaire, une double confirmation à l'inscription et l'export de votre liste à tout moment. La double confirmation, qui demande à l'inscrit de cliquer sur un lien reçu par e-mail, écarte les adresses erronées et vous laisse une trace de son accord.

Mesurer les réponses plutôt que les ouvertures

Les outils affichent un taux d'ouverture, devenu peu fiable : certaines messageries chargent automatiquement le contenu des e-mails, ce qui compte comme une ouverture même si personne ne les lit. D'autres signes en disent plus long :

  • les réponses directes, même de deux lignes ;
  • les clics vers vos pages de prestations ou vos articles ;
  • les demandes de devis qui mentionnent la lettre ;
  • les désinscriptions après un sujet précis, qui signalent ce qui intéresse moins.

Terminez chaque lettre par une question simple, à laquelle on peut répondre en une phrase. Les réponses vous apprennent ce qui préoccupe vos lecteurs et nourrissent vos prochains sujets.

Envoyez votre lettre depuis une adresse à laquelle on peut répondre, à votre nom, plutôt que depuis une adresse « ne pas répondre ». Une réponse qui vous parvient compte plus que n'importe quel chiffre d'ouverture.

Relier chaque lettre à votre site

Publiez chaque lettre, ou son sujet principal, sous forme d'article sur votre site : le contenu reste consultable, peut être trouvé sur Google et se partage facilement. Dans la lettre, renvoyez vers cet article et vers la page de la prestation concernée. Dans l'autre sens, proposez l'inscription à la fin de vos articles, sur votre page de présentation et dans votre signature d'e-mail.

Une page qui regroupe les anciennes lettres rend aussi service : le visiteur hésitant voit ce qu'il recevra avant de s'inscrire. Retirez seulement des versions publiées ce qui était réservé aux abonnés, comme une disponibilité proposée en priorité.

Si vous faites créer ou refaire votre site, l'espace blog s'ajoute pour 150 € HT chez nous, et le configurateur de devis calcule le total.

Pour lancer votre première lettre

  1. Choisissez votre rythme et votre format, puis écrivez les deux premières lettres d'avance.
  2. Créez votre formulaire d'inscription avec double confirmation et placez-le sur votre site.
  3. Écrivez personnellement à vos clients récents pour leur proposer de s'inscrire.
  4. Après trois envois, relisez les réponses reçues et ajustez vos sujets.